C'EST QUOI LES PERCUSSIONS URBAINES ?
L’INSTRUMENTARIUM
Les « percussions urbaines » sont un courant artistique né – entre la fin des années 1980 et début des années 1990 – de groupes musicaux et chorégraphiques utilisant des matériaux industriels recyclés en instruments de musique pour leurs créations artistiques. Ces ustensiles ou objets urbains trouvés dans la vie ordinaire sont transformés en instruments de percussion pour une orchestration originale de sons de l’univers urbain.
TIMBRES METALLIQUES ET PLASTIQUES
Cette expression scénique et musicale inédite se distingue par des timbres sonores provenant de matériaux à dominantes métalliques et plastiques.
Les premiers spectacle de Stomp et leur instrumentarium d’objets trouvés en 1987 (en Angleterre), mais également les Tambours du Bronx (à Paris) avec leur troupe de bidons métalliques (1991) ainsi que Draconis Drums (2010) développent ces deux timbres sonores dominants dans leurs créations.
PLURIDISCIPLINAIRE
Les percussions urbaines intègrent plusieurs disciplines artistiques selon l’expression scénique souhaitée. Par exemple Stomp la compagnie de renommée mondiale la plus plébiscitée par le public de 1987 à 2026, met en scène des danseurs comédiens percussionnistes et claquettistes pour leurs créations qui vont théâtraliser et chorégraphier le rythme pour chaque performance de percussions urbaines.
UN DIALOGUE DIRECT AVEC LE PUBLIC
Cette mise en scène proposée par Draconis Drums ou Stomp sans instrument s’imposant visuellement entre l’interprète et le public – comme dans une fosse à orchestre – permet au spectateur d’être immergé dans le jeu des percussionnistes et de vivre la spatialisation sonore visuellement et auditivement sans entrave ou barrière visuelle telle qu’un instrument de musique. Avec des tableaux tels que « BAO » / « CASQUES » et « BONBONNES », Draconis Drums immerge le spectateur dans un décor instrumentale vivant sans que les interprètent se cachent derrière un instrument de musique en position statique. C’est également le cas chez Stomp avec leurs Balais/ballons de baskets/papiers journaux/éviers à eau/et tubes plastiques où les performeurs développent les rythmes en se déplaçant sur scène continuellement comme un ballet de danse plutôt que comme une fosse à orchestre.
SCENE DE SPECTACLE ET JEU MUSICAL
Les lieux de scène des « percussions urbaines » sont des grandes salles de spectacle telles que la Cigale (Stomp et les Tambours du Bronx)/le théâtre Mogador (Stomp) ou la Salle Pleyel (Draconis Drums) le Trianon (Draconis Drums) et l’Elysée Montmartre (Draconis Drums) à Paris. Les espaces publics ou les bâtiments industriels peuvent également s’ajouter aux lieux institutionnels de spectacle pour des performances immersives en interaction avec le public. LEs percussions urbaines peuvent se produire dans de nombreux types de scénographies. Elles fédèrent et ravissent par le grandiose, la démocratisation du rythme mais également par le burlesque et l’accessibilité culturelle de leurs performances où le jeu musicale théâtralisé l’emporte sur la représentation esthétique.
DES SPECTACLES CULTES
Les spectacles de Stomp / les Tambours du Bronx / Blue Man Group / Mayumana / Draconis Drums sont devenus cultes à travers le monde de 1987 à 2026. Ce succès s’explique probablement par la vitalité et la simplicité du langage rythmique accessible à tous sans nécessité d’un bagage culturel ou intellectuel préalable. Le langage rythmique théâtralisé de Draconis Drums (« BONBONNES » « CASQUES » et « BAO » (boîtes à outils) ou de Stomp avec leurs objets recyclés ainsi que les orchestres de percussions urbaines de Draconis Drums (shows « FEU » « FLUO » et « FAVELA ») ou des Tambours du Bronx, restent accessibles et appréciables au plus grand nombre.
DEFINITION
Le terme de « percussions urbaines » regroupe les créations musicales et scéniques utilisant comme famille d’instruments de percussion des objets dont la fonction première est éloignée de l’utilité musicale et artistique. On utilise ainsi pour produire des compositions rythmiques et scéniques des emballages de produits ou objets détournés de consommation, des contenants de fabrication industrielle, des matériaux de construction de bâtiments, et des éléments d’équipement ou de mobilier urbain. Ces objets sont choisis par le metteur en scène et compositeur parce qu’ils peuvent produire un effet visuel ou sonore.
LE RYTHME EST COMMUNICATION
Tout les objets et situations du quotidien peuvent être transformés en instrument de musique et permettre de communiquer avec le rythme. Que ce soit avec un balais de nettoyage frotté sur un plancher sonorisé par des microphones (Stomp ou Draconis Drums), des bidons percutés avec des mailloches (Draconis Drums/Tambours du Bronx), des couvercles de poubelle frottés ou percutés, des ballons de basket-ball projetés contre un mur, de l’eau secouée dans des éviers et bonbonnes, des cris ou onomatopées rythmiques chantés par les instrumentistes, ou encore des percussions corporelles jouées par les musiciens tout objet peut devenir un moyen de communication rythmique.
UN LANGAGE UNIVERSEL
Les personnages de la mise en scène de Draconis Drums et Stomp communiquent avec le rythme sous de nombreuses formes qui nous inspirent l’universalité du langage rythmique.
SONORISATION ET MAO
Les compositions s’enrichissent également d’accompagnements sonores électro-acoustiques tels que des samples des bruits urbains enregistrés (bruits de métro, de moteur, de voitures et création de nappes sonores).
UN MONDE EN CONSTRUCTION
Mise en scène de la vie urbaine, les « percussions urbaines » propose une identification symbolique au monde ouvrier, tels de véritable techniciens sur un chantier de construction les artistes oeuvrent à bâtir un édifices artistiques et musical à partir de matériaux brut.
Chez Draconis Drums le show « casques » nous emmène dans un atelier de construction/composition musicale et recyclage d’objets industriels, de même chez Stomp avec leur show intégrant du mobilier et matériaux urbain ainsi que des échaffaudages.
INFLUENCES MUSICALES ET ARTISTIQUES
Issue du mouvement rock – rock alternatif et de la musique afro-ethnique (relation d’influence entre les Tambours du Burundi/Sepultura et les Tambours du Bronx), cette musique industrielle s’inscrit dans une tendance « néo tribale » de la fin des années 1980-1990 avec des univers esthétiques comme celui de Mad Max utilisant le recyclage du plastique et du métal en guise de vêtements et instruments dans un monde post apocalyptique ou encore l’influence de l’art brut de par son instrumentarium et du « grunge » de par son esthétique (Stomp). Avec des univers également plus technologiques et psychédéliques tels que Blue Man Group ou le show FLUO de Draconis Drums, des influences plus colorées et fluorescentes se développent esthétiquement au cours des années 2000 et 2010.
LE RYTHME : UNE CELEBRATION COLLECTIVE
Ce nouveau style de percussions scéniques sans délimitation de genre (contemporain, rock, ethnique, urbain, music’hall), ni de disciplines (percussion, danse, comédie-jeu scénique, claquettes) ni de catégories scéniques (spectacle (Draconis Drums/Stomp), concert (Tambours du Bronx), ballets de danse et percussion (Cie Bale de rua/Tap Factory)) est une expression moderne de la célébration du rythme fédérateur du lien social et du rythme communication qui nous unit.
LES COMPAGNIES
Entre 1987 et 2026 de nombreuses compagnies de spectacles de percussions urbaines telles que Draconis Drums, Stomp, les Tambours du Bronx, Mayumana, Gamboots, Blue Man Group interprètent des compositions visuelles et sonores à partir d’instruments de récupération dans des créations scéniques inédites, dans le cadre d’une tendance urbaine en plein essor. Un franc succès est remporté auprès du public durant 39 ans.